Salvador Dali: Portrait Du Violoncelliste Ricardo Pichot (1920)

Huile sur toile, 49 x 61,5 cm

*****

Portrait Of The Violoncellist Ricardo Pichot (1920)
Oil on canvas, 49 x 61,5 cm

*****

Collection Particulière

*****

Analyse de l’oeuvre: Ce portrait, non exposé au public jusqu’à une date récente, fut peint en juin 1920 à Sortell, la résidence de la famille Pichot. Celle-ci joua un rôle décisif dans la vocation artistique du jeune Salvador Dali.
H. Josep Pichot, surnommé Pepito et meilleur ami du père de Dali, exhorta en effet ce dernier à ne pas empêcher son fils de poursuivre une carrière tournée vers la peinture. A cette époque, il était courant à Cadaqués d’entendre l’expression “beau et artiste comme un Pichot”. Deux des fils Pichot, Luis et Ricardo, formaient en effet avec un pianiste nommé Costa un trio de musique de chambre réputé. Dans ce tableau, Ricardo est assis au milieu de la pièce de musique de “La maison des Italiens”, ainsi nommée parce qu’un jour sa soeur, la célèbre chanteuse Maria Gaye, y apparut à la fenêtre et répondit sèchement à un ténor italien un peu trop insistant: “En Juillet, ni femme ni escargots”. Ricardo donna son accord pour poser chaque matin durant une semaine à la condition qu’il pût jouer de son violoncelle. Excellent virtuose, élève préféré de Pablo Casals et premier prix du conservatoire de Paris à l’âge de 17 ans, il laissait libre cours, à l’instar de ses frères et sœurs, à une excentricité non teintée d’un air de supériorité. Il n’était pas rare de le voir jouer de son instrument au milieu d’un troupeau d’oies ou sur un bateau dans la baie de Cadaqués. Ricardo porte ici un charmant pyjama rose de soie brodé de fils d’or. Dali se souvient de ces séances durant lesquelles Ricardo tentait notamment de lui démontrer qu’il y avait un peu de Rimsky-Korsakov dans les sardanes catalanes. Dali a écrit un jour: “C’est chez eux durant cette époque que j’ai vu un piano à queue s’élever au milieu des rochers et pu assister à des concerts au clair de lune. Et c’est précisément pour cette raison que lorsque je peins des pianos, sur des rochers ou à côté de cyprès, je puis affirmer que ce ne sont pas des songes. Ces choses, je les ai vues et elles m’ont fortement impressionné.”
L’année 1920 est marquée par un changement important dans l’harmonies des couleurs des toiles de Dali. La touche impressionniste a laissé place à une technique proche de celle utilisée par Bonnard. On peut noter le soin que l’artiste apporte dans ses tableaux à reproduire avec exactitude la tonalité des couleurs. Dans ce portrait, Dali s’est attaché particulièrement à dépeindre les murs de la pièce recouverts d’une mixture composée de chaux et d’une concoction d’écorce de pin utilisée par les pêcheurs de Cadaqués de l’époque pour protéger leurs filets.

*****

Code: 0059
Année: 1920

Advertisements

1 Comment

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s